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Quand la Bretagne était Viking (Sur Groix)

 
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Veigsidhe Karvgwenn
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MessagePosté le: Dim 14 Oct - 23:52 (2018)    Sujet du message: Quand la Bretagne était Viking (Sur Groix) Répondre en citant

Quand la Bretagne était Viking (sur Groix):

En 1906, est découverte sur l’île de Groix une tombe viking. C’est aujourd’hui encore le principal témoignage archéologique d’une époque, le Xe siècle, où la Bretagne faillit devenir une deuxième Normandie. Pendant une vingtaine d’années, de 913 à 936, la Bretagne se retrouve sans ses élites politiques et religieuses, dominée par des Scandinaves en passe de la coloniser.
Quand les archéologues amateurs Louis Le Pontois et Paul du Chatellier commencent, en juin 1906, à fouiller le tumulus du Cruguel sur l’île de Groix, ils s’attendent à explorer un “banal” site néolithique. Rapidement toutefois, ils comprennent qu’ils sont en train de découvrir un site bien plus récent, relevant d’un univers culturel inédit en Bretagne : une sépulture en barque viking. Après trois premières journées d’exploration, la fouille est remise à plus tard, le temps entre autres que ces deux pionniers de l’archéologie bretonne se renseignent sur une période qui ne leur est pas familière. Ancien officier de marine, Louis Le Pontois (1838-1928) s’est tourné vers l’archéologie à sa sortie du service actif. Chercheur de terrain méticuleux, il a focalisé ses recherches sur les sites préhistoriques et protohistoriques de Groix et du pays de Lorient. Collectionneur et érudit, Paul du Chatellier (1833-1911) est, quant à lui, président de la Société archéologique du Finistère. Très intégré dans les réseaux scientifiques de son époque, il conserve ses découvertes dans le musée de son château de Kernuz, à Pont-l’Abbé, collections transférées en 1926 au musée des Antiquités nationales, à Saint-Germain-en-Laye. Après quelques lectures et échanges épistolaires, les deux archéologues reviennent sur l’île le mois suivant pour mettre au jour ce qui se révèle être une tombe viking duXe siècle, principale incinération à bateau connue hors du monde scandinave à ce jour, selon la jeune archéologue Liliane Tarrou.
Une affirmation territoriale
Le tumulus, érodé par la mer, se trouve à environ 4,50 mètres au-dessus du niveau de la mer et domine la baie sableuse de Port-Maria, seul véritable port naturel de Groix. D’un diamètre estimé à dix-sept mètres – la mer a enlevé une partie du site initial –, le monticule a été élevé de manière experte. Immédiatement au-dessus des restes de l’incinération s’étend un plan de dalles disposées jointivement avec soin. Surmonté d’un amas désordonné de dalles de schiste et de galets de tailles diverses, le tout a été recouvert d’une couche de terre argileuse mêlée de sable et de coquillages. Sur l’espace globalement trapézoïdal de la sépulture sont disséminés des bouts de charbon et d’ossements incinérés, de même qu’une quantité considérable de rivets de barque et les débris d’un mobilier funéraire remarquable par sa quantité et sa diversité, mais malheureusement dans un état de dégradation très avancé. Les découvreurs supposent que l’on a procédé à l’incinération d’un seul bateau et estiment, en se basant sur le nombre de rivets et de clous trouvés, que celui-ci devait mesurer environ onze mètres de longueur et 2,40 mètres de largeur. L’étude des ossements révèle que deux personnes furent incinérées : un homme adulte et un adolescent ou une femme, probablement un ou une esclave chargé d'accompagner le mort.



Bretagne : Saint-Malo (où les assises de la tour Solidor révèlent leur présence), Saint-Servan, Saint-Suliac, Trans (camp du Vieux M’na) et surtout le camp de Péran à Plédran. Sur ce dernier site, qui dominait stratégiquement la baie d’Yffiniac, les fouilles de l’archéologue Jean-Pierre Nicolardot ont mis en évidence de nombreux objets domestiques – dont une marmite similaire à celle trouvée dans la tombe viking de l’île de Groix – et outils se rattachant à des types scandinaves, mais aussi des armes et un denier viking frappé à York au début du Xe siècle. Certains indices témoignent malgré tout d’un début de colonisation agricole. Des analyses des pollens fossiles ont révélé la présence sur les sites du Teilleul (Ille-et-Vilaine) et de Péran (Côtes-d’Armor) d’
Avena strigosa
, une avoine des terres pauvres, inconnue par ailleurs en Bretagne, mais répandue en Scandinavie. Des éléments toponymiques vont dans le même sens, à l’instar du lieu-dit Bolast à Rosnoën, au bord de la rivière du Faou, face à l’abbaye de Landévennec, qui pourrait venir du norrois
Bólstaðr 
, “la ferme”, selon l’hypothèse de Joëlle Quaghebeur. Cet élément fut omniprésent dans les colonies vikings norvégiennes (Écosse et Islande notamment).
Première rébellion bretonne
Loin de se contenter du traité de 921 et d’organiser le territoire qui lui avait été concédé par le pouvoir franc, Rögnvaldr continue ses attaques contre ces mêmes Francs, Nantes lui servant de base arrière. Attaquant l’Aquitaine et l’Auvergne en 923, il remonte la Loire en 924 pour piller la Bourgogne. Il s’attire un nouveau siège de Nantes en 927 dirigé par Hugues le Grand et Herbert de Vermandois, les deux hommes forts du royaume franc. Mais c’est un nouvel échec. La cession de Nantes aux Vikings est confirmée – sans mention du reste de la Bretagne cette fois-ci toutefois – en échange de la fin de leurs raids. Ce qui n’empêche par les Scandinaves, encore une fois, de rompre le traité et d’attaquer l’Aquitaine et le Limousin en 930. Cette fois, cependant, ils se voient infliger une sévère défaite sur la Dordogne par le roi franc Raoul. Le 29 septembre 931, lors de la fête de Saint-Michel – il s’agissait probablement, suggère Joëlle Quaghebeur, de s’adjoindre symboliquement l’aide de l’archange pour triompher d’une puissance païenne et perçue comme diabolique –, une première rébellion bretonne, dirigée par le jeune Alain Barbetorte et le comte de Rennes Bérenger, confirme que le vent commençait à tourner. En Cornouaille, les Bretons massacrent les occupants scandinaves, à commencer par leur chef, le duc Félécan. Seul Viking qualifié de
dux
dans les annales de l’époque, sa mort n’est pas anecdotique. Il paraissait jouir en Bretagne d’un pouvoir avéré, bénéficiant d’une reconnaissance extérieure, voire considérée comme légitime, ce qui avait de quoi inquiéter les deux prétendants bretons connus au trône de Bretagne. Son titre, insiste Joëlle Quaghebeur, semble sanctionner une installation définitive et reconnue de populations scandinaves en Bretagne. En outre, son nom, clairement d’origine celtique, témoigne d’unions matrimoniales et de fusions ethniques ou culturelles jugées suffisamment inquiétantes par Bérenger et Alain pour qu’ils réagissent et ne laissent pas s’installer un pouvoir qualifié, et donc compris, par les Francs de façon identique au leur. L’effet de surprise passé, les Vikings de Nantes, commandés par Incon (vraisemblablement Håkon ou Inge), le successeur de Rögnvaldr, lancent une grande opération de représailles sur la Bretagne, avec l’aide du duc des Normands de la Seine Guillaume Longue-Épée, contraignant Alain à un nouvel exil. Incon contrôle alors la majeure partie de la Bretagne, Guillaume Longue-Épée s’emparant du Cotentin et de l’Avranchin, terres bretonnes depuis 867. Ce dernier n’hésite d’ailleurs pas à se proclamer duc des Bretons, comme en atteste un denier trouvé au Mont-Saint-Michel.
Le retour d’Alain Barbetorte

La structure géopolitique de l’Europe occidentale est pourtant en train de changer très rapidement, créant une situation permettant le retour d’Alain Barbetorte. Tout d’abord, les Vikings de Bretagne sont de plus en plus isolés et affaiblis. En 935, alors qu’ils ravageaient le Berry, les Vikings sont “anéantis” par une alliance des Berrichons et des Tourangeaux, à en croire Flodoard. Cette nouvelle défaite sape un peu plus leur puissance militaire. La même année, Guillaume Longue-Épée fait alliance avec Hugues le Grand, où il s’engage notamment à ne plus intervenir pour aider les Vikings de Bretagne. Ces derniers se trouvent dès lors complètement isolés diplomatiquement. Les Bretons sont aussi à l’initiative. L’abbé Jean de Landévennec traverse la Manche sans relâche pour préparer diplomatiquement le retour d’Alain Barbetorte, négociant aussi bien avec les Saxons d’Æthelstan, les Francs d’Hugues le Grand ou encore les Normands de Guillaume Longue-Épée et même les Vikings installés en Bretagne. D’intenses tractations se déroulent alors, nous explique Jean-Christophe Cassard, qui dépassent, et de loin, le cas breton. Elles visent avant tout au retour en Francie de LouisIVd’Outremer, fils du roi CharlesIII
,exilé comme Alain à la cour d’Æthelstan. La mort du roi Raoul le 15 janvier 936 est l’opportunité nécessaire. Le 19 juin, Louis IV est sacré à Laon. Puis c’est au tour d’Alain de rentrer reconquérir son trône, avec l’aide de quelques troupes données par le roi anglais, et face à des Vikings affaiblis par une succession de défaites sur la Loire et abandonnés à leur sort par les autres Scandinaves. Son itinéraire nous est connu grâce à la Chronique de Nantes. Débarquant à Dol, où il massacre les Vikings, il gagne ensuite Saint-Brieuc par la mer, où il surprend et anéantit une seconde armée, peut-être retranchée dans le camp de Péran. L’année suivante, il traverse toute la Bretagne en direction du pays de Nantes. Alain attaque les Vikings retranchés dans un camp au pré Saint-Aignan. Prenant le camp d’assaut, il force les derniers Vikings nantais à regagner leurs navires et à fuir. Alain fait aussitôt de Nantes sa capitale et en organise la défense. Les combats continuent néanmoins jusqu’en 939. Réunissant leurs forces à celles de Bérenger et à celles d’Hugues le Grand, les Bretons et les Francs défont les Vikings à Trans – il a été suggéré qu’ils y étaient retranchés dans le camp du Vieux M’Na –, mettant un point final à l’invasion viking de la Bretagne, même si quelques attaques scandinaves eurent encore lieu jusqu’en 1014. Ainsi, loin de la vision romantique imaginée par Arthur de la Borderie au XIXe siècle, le retour d’Alain Barbetorte est avant tout la conséquence de tractations diplomatiques complexes. Alain ne put revenir qu’avec l’accord de ses pairs. Guillaume Longue-Épée et Hugues le Grand n’avaient toutefois aucune envie de voir le nouveau maître de la Bretagne avec un titre supérieur au leur. Alain Barbetorte doit donc se contenter du titre de duc.
Une coupure irrémédiable Au final, que reste-t-il de ces près de vingt-cinq années sans dirigeant breton en Bretagne ? Quelles furent les conséquences de cette invasion viking dans la péninsule ? Globalement, il n’y a rien dans l’organisation sociale et économique de la Bretagne postérieure à 939 qui soit dû aux Vikings. Cela ne veut nullement dire que les années 913-936 furent une parenthèse sans conséquences. S’ils n’organisèrent pas politiquement la Bretagne, les Vikings eurent le temps de s’installer. Plusieurs noms de lieux d’origine scandinave perdurent en Bretagne, tout particulièrement sur le littoral. Mentionnons les Étocs, au large de Penmarc’h (de stakkr , “rocher en mer”) ou les Escarets en baie de Saint-Brieuc (de sker , “récif”). On peut toutefois regretter que, contrairement à la Normandie, aucune étude de microtoponymie systématique n’ait jusqu’à présent été menée en Bretagne pour mieux appréhender l’implantation territoriale viking. Les rares éléments que nous avons permettent à Jean-Christophe Cassard de suggérer que l’implantation normande a probablement été plus importante en Bretagne qu’en Normandie.

Dès lors, il est inenvisageable que tous les Scandinaves aient été tués ou aient pris la fuite lors du retour d’Alain Barbetorte. Nombre d’entre eux ont dû s’intégrer et reconnaître le nouveau prince. À tous points de vue, l’intermède viking fut une coupure irrémédiable dans l’histoire de la Bretagne. Si les principales communautés ecclésiastiques reprennent aussi vite qu’elles le peuvent le chemin de la péninsule, elles reviennent les mains vides, et notamment sans leurs manuscrits. La mémoire de la Bretagne est anéantie. Globalement, l’histoire de ses premiers siècles d’existence ne peut plus s’écrire, pour ainsi dire, qu’à partir des écrits des chroniqueurs gallo-romains et francs, c’est-à-dire des adversaires des Bretons, de Grégoire de Tours à Ermold le Noir. La rupture est aussi géographique, selon Jean-Christophe Cassard. À cause des Vikings, les Bretons perdent l’habitude de gagner couramment le pays de Galles et la Cornouailles (et inversement). La mer intérieure bretonne disparaît. Les contacts entre les peuples brittoniques des deux côtés de la Manche se distendent. Les langues commencent progressivement à s’éloigner. La rupture est enfin économique, si l’on en croit le même auteur. Les paysans libres, qui constituaient la base sociale du royaume de Nominoë ou de Salomon, affrontent des difficultés économiques insurmontables et doivent engager leurs terres. Ils se trouvent ainsi peu à peu relégués par leur endettement croissant au statut de serf dépendant d’un propriétaire foncier. Ruinée, dépourvue de ses richesses culturelles et de son patrimoine spirituel, la Bretagne libérée a perdu le dynamisme qui caractérisait le royaume de Nominoë et de ses successeurs.

Source: 
http://www.academia.edu/11860638/Quand_la_Bretagne_était_viking

un site qui en parle:
http://enguerrand.gourong.free.fr/p07_9_11s.htm

la vidéo!

https://vimeo.com/90300776
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" L'innocent est celui qui subit le mal, contrairement au juste, qui va au devant d'un mal pour le combattre. "
- Sagesse Druidique-
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MessagePosté le: Dim 14 Oct - 23:52 (2018)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 03 Juil 2016
Messages: 6 758
Féminin Bélier (21mar-19avr) 猴 Singe

MessagePosté le: Lun 15 Oct - 18:16 (2018)    Sujet du message: Quand la Bretagne était Viking (Sur Groix) Répondre en citant

Super, merci Veigshide. Okay
_________________
- C’est impossible.
- Seulement si tu crois que ça l’est.
(Alice au pays des merveilles, Alice et le chapelier fou.)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:20 (2018)    Sujet du message: Quand la Bretagne était Viking (Sur Groix)

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